
OTTAWA | Le Canada est-il entré en « guerre » commerciale avec les États-Unis de Donald Trump ? Un expert qui a déjà été sur la ligne de front appelle à la nuance.
Dans la plupart des médias, aussi bien canadiens qu’américains, l’expression « guerre commerciale » est devenue monnaie courante.
Le premier ministre Mark Carney s’y réfère lui-même comme tel. « Nous avons été attaqués. Nous sommes en guerre lorsque nous sommes attaqués », disait-il au lendemain de l’effondrement des négociations, fin août.
Le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, préfère parler de « conflit commercial » plutôt que de « guerre tarifaire », malgré l’escalade des derniers jours.
Rambod Behboodi, avocat en droit commercial international chez Borden Lavner Gervais (BLG) basé à Toronto, croit que la réalité se trouve entre les deux.
Ce vétéran du ministère des Finances a connu la vraie guerre « chaude » lorsqu’il était enfant, en Iran.
« J’ai perdu des amis et de la famille, donc je n’utiliserais pas le mot trop facilement. Je n’aime pas le mot, mais c’est un choix personnel », dit-il en français au Journal.
Malgré la montée des tensions entre le Canada et les États-Unis, environ 80 % à 85 % des exportations traversent la frontière sans droits de douane, rappelle celui qui a déjà défendu le Canada contre le Brésil dans un important conflit commercial dans les années 1990.
S’il y a une « guerre de mots » entre les deux administrations, remarque l’avocat, l’essentiel de l’économie continue de fonctionner comme d’habitude en vertu de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, renégocié par Donald Trump et Justin Trudeau il y a quelques années à peine.
« Toute cette incertitude, c’est évidemment problématique, mais pour l’instant, la plupart de nos exportations arrivent aux États-Unis sans tarifs. Le cœur de notre accord commercial tient le coup. Donc je ne dirais qu’on est dans une vraie guerre commerciale, mais c’est clair que la situation n’est pas normale et ce que n’est pas juste un simple conflit commercial. »
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