


Montréal Par Rita Wakim
Faisal Abro, consul général du Pakistan à Montréal : « La diplomatie économique figure parmi les principales priorités de notre action entre le Canada et le Pakistan »
Dans un contexte marqué par l’essor des relations entre le Canada et le Pakistan, le Consulat général du Pakistan à Montréal s’impose comme l’une des importantes plateformes diplomatiques visant à renforcer les échanges entre les deux pays et à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération dans les domaines économique, culturel et éducatif, tout en assurant le suivi des affaires de la communauté pakistanaise dans cinq provinces canadiennes.
Cette dynamique intervient alors que les relations canado-pakistanaises connaissent un nouvel élan, notamment à la suite de la visite historique de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, à Islamabad en juillet 2026. Il s’agissait de la première visite officielle d’un ministre canadien des Affaires étrangères au Pakistan depuis près de deux décennies, avec pour objectif de renforcer les relations bilatérales et de soutenir le commerce et les investissements. À cette occasion, le Canada a également annoncé une contribution de 15 millions de dollars destinée à renforcer la résilience face aux changements climatiques, en collaboration avec la Fondation Aga Khan Canada.
Le consul général du Pakistan à Montréal, Faisal Abro, est né et a grandi en Arabie saoudite avant de s’installer à Islamabad, où il a étudié le génie électronique et obtenu son diplôme d’ingénieur. Il a rejoint le service diplomatique pakistanais à un jeune âge et a entamé une carrière au cours de laquelle il a occupé plusieurs postes importants au ministère pakistanais des Affaires étrangères, notamment celui de directeur général chargé des affaires du Moyen-Orient et de l’Afrique.
Avant sa nomination à Montréal, Abro a exercé ses fonctions au Royaume-Uni et a également travaillé au sein de l’Organisation de la coopération islamique à Islamabad, ce qui lui a permis d’acquérir une vaste expérience des dossiers internationaux et régionaux.
Il exerce aujourd’hui ses fonctions à Montréal, où le consulat général couvre cinq provinces canadiennes : le Québec et les quatre provinces de l’Atlantique, soit Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard.
L’histoire du Consulat général du Pakistan à Montréal remonte aux années 1970. Depuis plus de cinq décennies, il joue un rôle important dans le suivi des affaires de la communauté pakistanaise et dans le développement des relations entre le Pakistan et la société canadienne.
La diplomatie économique au cœur des priorités
Interrogé sur ses priorités et sur la stratégie qu’il entend mettre en œuvre pour renforcer les relations canado-pakistanaises, Faisal Abro souligne que la diplomatie économique sera au cœur de son agenda.
Cette approche comprend notamment le renforcement du commerce et des investissements, ainsi que le développement des échanges culturels et de la coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur. Selon lui, Montréal, avec ses universités et ses institutions académiques de renommée internationale, offre d’importantes possibilités aux étudiants pakistanais souhaitant poursuivre leurs études au Canada.
Cette vision s’inscrit dans la volonté des deux pays d’élargir leurs relations économiques et de tirer parti des possibilités offertes dans plusieurs secteurs, notamment les mines, l’énergie, l’agriculture, le textile et les technologies.
Montréal, un carrefour diplomatique stratégique
L’importance de Montréal pour le Pakistan ne se limite pas aux activités consulaires. La métropole québécoise constitue également un important centre diplomatique international, accueillant plus d’une centaine de missions diplomatiques et de bureaux de représentation.
Montréal abrite par ailleurs le siège de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), une agence spécialisée des Nations Unies chargée d’établir les normes internationales et de coordonner les règles relatives à la navigation, à la sûreté et à la sécurité aériennes.
La présence pakistanaise revêt une importance supplémentaire grâce au représentant permanent du Pakistan auprès de l’OACI, offrant ainsi au pays une présence diplomatique complémentaire à Montréal, combinant l’action consulaire et la représentation multilatérale.
Des ressources naturelles et des secteurs économiques prometteurs
Selon Faisal Abro, le Pakistan dispose d’un important potentiel économique et naturel, notamment grâce à ses vastes ressources minières et aux opportunités d’investissement dans les secteurs des mines, de l’énergie renouvelable , de l’agriculture et des industries manufacturières.
En juillet 2026, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, s’est rendue à Islamabad, au Pakistan. Il s’agissait de la première visite d’un ministre canadien des Affaires étrangères dans ce pays en près de 20 ans. Cette visite visait à approfondir les relations bilatérales entre le Canada et le Pakistan et à renforcer le commerce et les investissements.
Consciente des défis posés par les changements climatiques, la ministre Anand a annoncé
un investissement de 15 millions de dollars, en partenariat avec la Fondation Aga Khan Canada, pour renforcer la résilience climatique.
Le projet minier de Reko Diq figure parmi les projets les plus importants. Il implique notamment la société canadienne Barrick Gold ainsi que des partenaires internationaux et vise à développer d’importantes réserves de cuivre et d’or, avec un début de production prévu en 2028.
Le Pakistan bénéficie également d’une position géographique stratégique donnant sur la mer d’Arabie, ainsi que d’un potentiel considérable dans les énergies propres, les ressources naturelles et le capital humain. Son secteur agricole occupe également une place importante, notamment grâce à la production et à l’exportation du riz basmati.
L’industrie textile, les vêtements, le coton, le cuir et l’artisanat représentent également des secteurs offrant des possibilités de coopération commerciale avec les marchés internationaux, notamment le marché canadien.
Tourisme, sport et savoir-faire pakistanais
Faisal Abro souligne également que le Pakistan possède des atouts touristiques exceptionnels. Le pays abrite notamment le K2, deuxième plus haut sommet du monde, culminant à 8 611 mètres, ainsi que plusieurs sommets majestueux des chaînes de l’Himalaya et du Karakoram.
Sur le plan sportif, le Pakistan bénéficie d’une renommée internationale dans le cricket, un sport extrêmement populaire dans le pays. Le Pakistan joue également un rôle important dans la fabrication d’équipements sportifs.
La ville de Sialkot est particulièrement réputée pour sa production de ballons de football exportés vers les marchés internationaux. Certains ballons utilisés lors de grandes compétitions mondiales sont fabriqués au Pakistan et répondent aux normes et aux exigences de la FIFA. Une partie de cette production est réalisée à la main.
Le Pakistan cherche également à renforcer sa présence dans les salons professionnels et les forums internationaux au Canada, notamment dans les secteurs du textile et de l’habillement, ainsi que dans les domaines des technologies et de l’intelligence artificielle. Ces plateformes offrent aux entreprises pakistanaises l’occasion de rencontrer des investisseurs et d’accéder davantage aux marchés canadiens.
Une diplomatie active sur les enjeux régionaux
Au-delà des dossiers économiques, le Pakistan maintient une présence active sur les questions régionales et internationales et cherche à renforcer son rôle dans la médiation et le dialogue régional.
Le Pakistan a notamment joué un rôle important dans les efforts diplomatiques visant à faciliter les discussions et à contribuer à la cessation des hostilités dans le contexte des tensions américano-iraniennes de 2026. Selon les autorités pakistanaises, Islamabad a joué un rôle de médiation dans les démarches ayant conduit à la conclusion d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et la République islamique d’Iran visant à mettre fin au conflit.
Dans ce contexte, le consul général souligne le rôle d’Islamabad dans les contacts et les efforts diplomatiques liés aux tensions régionales en 2026, parallèlement à ses relations étroites avec les pays du Golfe et la Türkiye.
Les relations entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Türkiye ont également connu des développements dans le domaine de la coopération en matière de défense, dans le cadre d’accords visant à renforcer la coordination, la dissuasion commune et la coopération dans les industries de défense.
Une passerelle entre le Pakistan et le Canada
Le Consulat général du Pakistan à Montréal joue ainsi un rôle qui dépasse largement les services consulaires traditionnels. Il constitue une véritable passerelle entre le Pakistan et la communauté pakistanaise établie au Québec et dans les provinces de l’Atlantique.
À travers cette plateforme diplomatique, le Pakistan entend renforcer ses liens avec les institutions canadiennes, les universités, le secteur privé, les milieux d’affaires et la société civile, dans le cadre d’une diplomatie davantage ouverte et axée sur l’économie, l’investissement, l’éducation et la culture.
Dans un pays dont le tissu social repose sur une grande diversité culturelle, linguistique et religieuse, la présence pakistanaise s’inscrit pleinement dans ce paysage multiculturel.
La prochaine étape des relations entre Ottawa et Islamabad semble ainsi porteuse de nouvelles possibilités de coopération, notamment dans les domaines du commerce, de l’investissement, de l’éducation, des technologies, de l’énergie et des ressources minières.
Depuis Montréal, le message porté par la diplomatie pakistanaise apparaît clairement : faire évoluer les relations canado-pakistanaises d’un cadre traditionnel vers un partenariat plus vaste, fondé sur la diplomatie économique, l’échange de connaissances et l’investissement dans l’avenir.
Up And Down Beirut