Le Canada peut-il atteindre la souveraineté alimentaire?

 

La souveraineté alimentaire du Canada est un objectif atteignable, estiment plusieurs acteurs du secteur de l’alimentation réunis jeudi à Toronto à l’occasion du Food Forward Summit 2026.

Nous produisons de la nourriture d’une qualité incroyablement élevée, indique fièrement Keith Currie, président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) à l’occasion du Food Forward Summit 2026.

Il soutient, comme plusieurs autres acteurs de l’industrie alimentaire réunis à Toronto, qu’il n’est pas impossible au Canada d’atteindre la souveraineté alimentaire.

M. Currie explique que l’Ontario occupe une importante place dans le secteur de l’agroalimentaire au pays. Il y a près de 800 000 personnes qui travaillent dans ce secteur, dit-il.

Keith Currie.

Keith Currie est président de la Fédération canadienne de l’agriculture.

En 2023, la part de l’industrie agroalimentaire du produit intérieur brut (PIB) et à l’économie ontarienne s’est levée à 50,7 milliards de dollars, selon le gouvernement provincial. En outre, avec plus de 871 000 emplois, ce secteur représentait 11 % de la main-d’œuvre de l’Ontario, toujours selon les chiffres du gouvernement Ford.

M. Currie appelle les Canadiens à aider les agriculteurs locaux, en consommant leurs produits. Nous devons manger de la nourriture canadienne, exhorte-t-il.

Marc-Andre Roberge dans la salle du Food Forward Summit 2026.

Anthony Pasto, producteur de champignons dans la région de Niagara, lance le même message aux Canadiens et est fier de leur vendre ses produits. Je suis une petite compagnie de Niagara, les États-Unis c’est juste à côté, mais je ne fais rien avec eux, précise-t-il.

L’entrepreneur explique que tous ses champignons sont produits et commercialisés au Canada. C’est tout fait en Ontario, puis les autres produits [d’emballage] viennent de Saskatchewan, déclare M. Pasto.

Appui à l’exportation pour soutenir les agriculteurs

Le président de l’entreprise Nectar, Marc-André Roberge, pense qu’il ne faut pas non plus négliger l’exportation, un gage pour développer les entreprises locales, selon lui.

Du point de vue de [la] souveraineté alimentaire, pour ce qui est des apiculteurs, le gouvernement peut les aider, par exemple, à trouver de nouveaux marchés si les États-Unis ne sont plus viables pour eux.

 

Une citation de Marc-André Roberge, président, Nectar

Le mois dernier, le président américain, Donald Trump, a instauré un tarif douanier de 50 % ciblant le miel ainsi que des centaines d’autres marchandises.

Dans sa stratégie Cultiver l’Ontario, le gouvernement Ford s’est fixé l’objectif d’atteindre une croissance annuelle des exportations de 8 % jusqu’en 2032.

Produits emballés dans des paquets de différentes couleurs exposés dans un stand.
Ottawa a entre autres consacré 750 millions de dollars à la culture en serre et hydroponique pour garantir une production canadienne de fruits et légumes à l’année.

Ottawa a annoncé en juin une stratégie alimentaire nationale visant à permettre aux Canadiens d’avoir plus facilement accès à un éventail de produits de production locaux, à des prix plus abordables. La stratégie s’appuie sur plus de 3 milliards de dollars d’investissements sur 10 ans.

En dehors de l’appui financier et de la consommation des produits locaux, Mehnaz Tabassum, directrice générale du Food Forward Summit, exhorte les producteurs à d’avantage collaborer entre eux, ainsi qu’avec d’autres maillons de la chaîne, comme l’industrie de transport.

 

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