
Les années 2026 et 2027 pourraient s’imposer comme les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète sous l’effet d’un épisode El Niño d’une intensité exceptionnelle dont les répercussions météorologiques restent difficiles à anticiper.
« Les paris sont ouverts cette année, mais à voir l’El Niño qui est en train de se développer, plusieurs pensent que 2026 pourrait être l’année la plus chaude et en 2027 il y a encore plus de chances », lance au Journal Patrick Grenier, professeur au Département des sciences de l’atmosphère de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Ce phénomène météorologique est une oscillation naturelle et imprévisible de l’océan Pacifique, où les eaux tropicales et l’atmosphère surchauffent ensemble de manière anormale pour une certaine période.
Il survient tous les deux à sept ans et fait généralement grimper la température mondiale.
Selon les dernières prédictions de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), le risque d’un El Niño « très fort » d’ici l’hiver 2026-2027 dépasse 90 %.
Il aurait aussi 69 % de risques de battre tous les épisodes observés depuis 1950.
Très imprévisibles
Les impacts climatiques que peut engendrer un tel événement sont multiples et imprévisibles.
El Niño peut favoriser des sécheresses à des endroits sur la planète, des tornades à d’autres, des pluies abondantes ou encore du verglas.
« Les conséquences sont toujours différentes. Celles qu’il y a eues en 1997-1998 par exemple sont différentes de celles en 2015-2016 », explique Patrick Grenier.
Et il peut également y avoir des coïncidences d’événements météo qui ne sont pas causés par ce phénomène.
« Chaque épisode El Niño est un petit peu unique dans ses conséquences qui se produisent à travers la planète […] Ils ont tous une saveur différente », renchérit Alexis Maximilien Berg, professeur de science du climat dans le Département de géographie de l’Université de Montréal (UdeM).
En général, le sud des États-Unis tend à devenir plus humide et plus froid tandis que l’ouest du Canada tend à devenir plus chaud et plus sec.
Effets limités au Québec
Les deux experts rappellent que les effets sont généralement moindres sur l’est du Canada, incluant le Québec.
« Mais il se peut qu’on ait des surprises, surtout si c’est un événement historique », nuance M. Berg.
MétéoMédia prévoit d’ailleurs un automne 2026 au Québec qui se déroulera en deux temps à cause d’El Niño.
Un mois de septembre plus chaud que la normale avant de basculer vers un froid arctique marqué en octobre.
Cette chute rapide du mercure devrait devancer l’arrivée des premiers flocons dès la fin octobre. Le sud de la province pourrait recevoir 43 % plus de neige que la moyenne.
El Niño atteint généralement son pic en fin d’année. Mais, comme la chaleur océanique se dissipe lentement, elle peut continuer de réchauffer la planète l’année suivante.
Les prévisions indiquent que la température au cœur de l’océan Pacifique pourrait même atteindre plus de 2,7 °C au-dessus de la normale. Le record précédent était établi à 2,5 °C.
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