Les six grandes banques canadiennes ont établi un nouveau record en dégageant des profits nets totaux de plus de 19 G$ au troisième trimestre, soit 14 % de plus que l’an dernier.
Alors que plusieurs Québécois ont encore du mal à joindre les deux bouts à cause de l’inflation, les banques nagent une fois de plus dans l’argent, et ce malgré le ralentissement de l’économie canadienne, le conflit commercial avec les États-Unis et l’impact de la guerre en Iran.
Des profits records pour les banques
Profits nets au troisième trimestre
« Les marchés financiers sont porteurs. Donc tout ce qui est gestion de patrimoine, ça se porte très bien dans l’industrie bancaire en général. Il y a aussi une certaine résilience dans l’économie canadienne malgré cette guerre tarifaire », explique le PDG de la Banque Nationale, Laurent Ferreira, dans un entretien téléphonique avec Le Journal.
Laurent Ferreira en 2023. Photo d’archives MARTIN ALARIE
S’il se dit encouragé par l’entente sur Churchill Falls et les contrats fédéraux pour le chantier Davie, le dirigeant reconnaît que les droits de douane risquent de relancer l’inflation.
« Ça continue à mettre de la pression sur les prix de l’énergie et des biens de consommation », affirme-t-il.
Mieux que prévu
À leur troisième trimestre, qui s’est terminé le 31 juillet, les six grandes banques ont toutes surpassé les prévisions des analystes grâce à de bons résultats dans l’ensemble de leurs activités, au Canada et ailleurs dans le monde.
La Banque TD, la Scotia, la Banque de Montréal et CIBC ont bénéficié d’une hausse de leurs marges nettes, soit la différence entre les intérêts qu’elles reçoivent sur les prêts et hypothèques et ceux qu’elles paient sur les dépôts.
Les six grandes banques ont aussi largement profité de la vigueur des marchés boursiers, qui poursuivent leur croissance amorcée à la fin de 2022. Leurs activités de gestion du patrimoine et de marchés des capitaux ont vu leurs profits bondir de plus de 25 % par rapport à l’an dernier.
En revanche, les dotations aux pertes de crédit sont reparties à la hausse, quoique de façon modeste, alors qu’elles baissaient depuis plusieurs mois. Ces dotations sont de l’argent que les banques doivent mettre de côté à cause des mauvaises créances, ce qui réduit d’autant leurs profits.
Pendant les neuf premiers mois de leur exercice financier, qui a débuté le 1er novembre, les six grandes banques ont cumulé des profits nets de 58,8 G$, en hausse de 6,3 % par rapport à la même période de l’année précédente.